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Biographie: Fifamè Nadège ADOUN est travailleuse sociale au Bénin, spécialisée dans la protection de l’enfance et l’accompagnement psychosocial des familles vulnérables. Depuis plusieurs années, elle s’engage bénévolement auprès d’enfants en situation de grande vulnérabilité, notamment au sein d’un orphelinat et dans des communautés souvent oubliées. Cet engagement l’a conduite à intégrer un réseau de femmes leaders chargé de suivre les relais communautaires pour la santé communautaire dans les villages. Convaincue que la protection de l’enfance et la santé communautaire sont indissociables, elle œuvre à créer des liens de confiance entre les familles et les services de santé et de protection.
Introduction: Je m’appelle Fifamè Nadège ADOUN. Je suis travailleuse sociale au Bénin, engagée depuis plusieurs années comme bénévole auprès des enfants vulnérables, des familles et des communautés. Mon histoire raconte comment une assistante sociale, sans être infirmière, peut devenir une actrice clé de la santé communautaire. Elle est importante parce qu’elle montre que la protection de l’enfance, le soutien psychosocial et la prévention en santé sont profondément liés, et que les agents communautaires en particulier les femmes jouent un rôle essentiel pour relier les familles aux services de santé et de protections.
L’expérience: Avec l’ONG ADEE’L et les centres de promotion social au Bénin, Je travaille directement avec des enfants en situation de grande vulnérabilité, dans un orphelinat et au sein de communautés souvent oubliées. J’y côtoie des enfants abandonnés, malades ou en situation de pauvreté, ainsi que leurs familles, des agents de santé et des dirigeants locaux. Au-delà des problèmes visibles, maladie, abandon, pauvreté j’ai constaté que les causes profondes restaient souvent invisibles : manque d’information, traumatismes, négligence et isolement social. Cette expérience m’a profondément marquée : elle m’a fait comprendre que soigner un enfant ne suffit pas si l’on n’agit pas aussi sur son environnement familial et communautaire.

Actions entreprises: Face à ces situations, j’ai choisi d’intervenir non seulement sur les besoins immédiats des enfants, mais aussi sur les causes profondes de leur vulnérabilité : en informant les familles, en offrant une écoute psychosociale et en accompagnant les parents dans le suivi sanitaire et la protection de leurs enfants. J’ai bénéficié, dans ce travail, du soutien de la communauté et des structures avec lesquelles je collabore. Mon rôle de travailleuse sociale a orienté toute ma démarche : il m’a permis d’aborder chaque situation avec une approche globale, centrée sur la personne et sa famille, et non uniquement sur le symptôme ou le problème visible. À la suite de cette mission bénévole, j’ai eu la chance d’intégrer un réseau de femmes leaders chargé de suivre et d’accompagner les relais communautaires pour la santé communautaire dans les villages une continuité naturelle de mon engagement auprès des familles et des enfants vulnérables.

Impact et enseignements tirés: Grâce à ce travail communautaire et psychosocial, j’ai observé des changements positifs chez les enfants et les familles que j’accompagne : une meilleure fréquentation scolaire, une hygiène améliorée, une attention plus grande portée à la santé des enfants, et une confiance accrue envers les structures d’aide. J’ai aussi vu des parents mieux comprendre l’importance du suivi sanitaire, de la protection de l’enfant et de l’écoute émotionnelle. Sur le plan personnel, cette expérience m’a rendue plus forte, plus engagée et plus consciente du rôle essentiel que jouent les agents communautaires dans la prévention et la promotion de la santé.
Message clé: Les agents communautaires sont la première ligne de défense pour la santé, la dignité et la protection des populations vulnérables, et leur travail mérite reconnaissance, soutien et investissement.
Conclusion: À travers ce témoignage, j’aimerais voir davantage de reconnaissance pour le travail des agents communautaires, plus de soutien institutionnel, et des politiques qui intègrent la santé mentale, la protection de l’enfance et la prévention au cœur des systèmes de santé communautaires. Mon espoir est que des femmes comme moi, engagées sur le terrain auprès des enfants et des familles les plus vulnérables, soient davantage soutenues et écoutées par les décideurs. C’est un appel à investir durablement dans celles et ceux qui, chaque jour, tissent le lien de confiance entre les communautés et les services essentiels.
Ce témoignage s’appuie sur mon expérience au sein de l’ONG ADEEL’H, à l’orphelinat Medjugordjé Notre Dame de Bel Amour (Bénin), où j’ai exercé comme stagiaire professionnelle et bénévole en accompagnement social et animation communautaire de mars 2023 à juillet 2025.
